Changement d’échelle : les arts confrontés au réel

Présentation

Notre relation au réel est soumise à l’usage de différentes échelles qui rendent compte de notre saisie du monde environnant. Imposées par les lois de la perspective et les lois temporelles, notre saisie du monde passe par ces paramètres qui nous gouvernent, de façon consciente ou inconsciente. Ils répondent à une certaine mise en ordre du monde. Or, le domaine des arts est le lieu par excellence où ces lois se trouvent remises en question tant du point de vue esthétique que politique. Face aux défis de la biologie, de la mécanique quantique, du numérique, de l’urbanisme et de la démographie, qui imposent à la perception des jeux d’échelle qui parfois la dépasse, comment les arts participent-ils à la réorganisation du réel et entendent recréer de l’organicité dans un environnement de plus en plus fragmentaire et réticulaire, celui d’un monde peut-être devenu « sans échelle » ?

Le cycle de travail (journées d’étude, ateliers et rencontres en 2017) propose une réflexion sur ces questions d’échelle en plaçant les arts vivants (théâtre, danse, performance...) au centre de l’équation comme lieu d’expérimentation et de déconstruction des normes existantes, comme lieux appelant des changements d’échelle – spatiales, temporelles, économiques - de types variés.

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Différentes pistes sont soumises à la réflexion


Les questions d’échelle temporelles

La notion de « décalage » et de shift

L’idée de transition (d’une échelle à une autre)

La question des extrêmes

Monde sans échelle

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Différentes disciplines (hors disciplines artistiques) sont mises à contribution à des fins de remise en jeu des savoirs :



• La biologie et la parasitologie, qui côtoient l’infiniment grand et
l’infiniment petit, réfléchissent sur les équilibres des systèmes vivants.

• Le design et la question de son rapport évolutif à l’échelle humaine

• La dialectique entre astrophysique et mécanique quantique

• La géographie qui côtoie les usages artistiques de la cartographie

• Le marketing : dans la mesure où la question des « échelles »
est centrale dans les techniques de vente, il est important
d’interroger cette rhétorique qui se veut directement opérationnelle.

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Été 2016: journée d’étude

L’étude des jeux d’échelle sur la scène contemporaine, de leur présence explicite comme de leur absence (rejet, destruction, déconstruction, dissimulation, déni) incite à maintenir un double discours critique, à la fois esthétique et politique mais qui touche également les questions scientifiques et économiques. C’est ce que révèlent les performances multi-sites, fractales, multifocales… C’est le signe d’un monde décentré, “multipolaire”, interpolant le “global” et le “local”, non anthropocentré, spéculatif, “posthumain” peut-être. Les techniques et dispositifs mis en place par ces changements d’échelles décentrent la représentation et forcent la confrontation avec le hors-champ. Ils amènent à penser la scène comme un espace de reconfiguration du réel. La journée d'étude a donc pour objectif de révéler de quelle façon le théâtre, et plus largement les pratiques artistiques (danse, cirque, marionnettes, performance, installations, arts médiatiques, photographie), participent de cette nouvelle reconfiguration du monde. Le dialogue se veut proprement interdisciplinaire faisant interagir des chercheurs, des artistes, des philosophes, des géomètres, des mathématiciens, des économistes et des politiques.

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Autres temps forts et ateliers

• un atelier d’expérimentation urbaine sur les jeux d’échelle dans la ville
• un atelier portant sur la mise en jeu concrète de l’objet “échelle”


Programme

Journée d'étude à Avignon le 19 juillet 2016
Changement d’échelle :
les arts confrontés au réel

Programme de la journée d’études

Comité d’organisation

Responsables :
Josette Féral, josette.feral@gmail.com
Isabelle Barbéris, isa.barberis@gmail.com

Associés :
Sylvie Boutley (Conservatoire du Grand Avignon)
Barbara Formis (UMR ACTE)
Erica Magris (Scène augmentée, Labex, P8)
Yoann Moreau (anthropologue, dramaturge, EHESS)
Mélanie Perrier (UMR Acte)
Timothée Picard, IUF, spécialiste de Wagner et d'opéra
Lydie Toran (École supérieure d'art d'Avignon)

Participants

Journée d'étude le 19 juillet 2016 au Conservatoire d'Avignon
« Changement d’échelle : les arts confrontés au réel »
Télécharger la liste des résumés avec les biographies (pdf)

FRANCK APERTET

Enjeux et modèles, une réflexion sur l’action
Résumé

En déplaçant ou en élargissant leurs cadres d’action et de production, les gens d’Uterpan investissent les ressources que représentent les codes et les conventions du secteur culturel pour sonder les disponibilités et les engagements que stimule la création.

Biographie

Annie Vigier est née en 1965 et Franck Apertet en 1966. Ils vivent et travaillent à Paris. Associés depuis 1994 sous le générique les gens d’Uterpan, ils ont inauguré un processus de création qui progressivement a dépassé le strict champ chorégraphique. Leur travail passe entre autre par une prospection des limites du corps et de la représentation. Cette démarche opère une redéfinition de la pratique du danseur et de sa fonction d’interprète. En intervenant dans différents cadres d’exhibition ou en s’y adaptant ils formulent de nouvelles modalités d’apparition, de production et de lecture de la danse. Cette interprétation de la présence physique exacerbe les places qu’occupent le spectateur et le chorégraphe dans ces processus. Initiée dans des collaborations innovantes entre opérateurs culturels de secteurs différents leur démarche intègre l’assemblage économique en tant que composante artistique. Le secteur des arts plastiques s’engage sur ce travail dans un partage de point de vue et de réponses apportées. Leur travail a été présenté (sélection) : Biennale d’art contemporain de Lyon 2007 (France), Project Arts Centre, Dublin (Irlande), Tate Modern et ICA, Londres (Royaume Uni), Festival Ardanthé, Vanves (France), Kunsthalle Basel, Bâle (Suisse), VI Festival de performance, Cali (Colombie), Galeria Vermelho, Sao Paulo (Brésil), Muzeum Sztuki Nowoczesnej Warszawie, Varsovie (Pologne), Théâtre du Saulcy, Metz (France), Kunsthaus Graz – Universalmuseum Joanneum, Graz (Autriche), Biennale d’art contemporain de Berlin 2008 et 2010 (Allemagne), Festival Faits d’hiver, Paris (France), Nam June Paik Art Center, Yongin (Corée), Théâtre de La Balsamine, Bruxelles (Belgique), White Box gallery, New York (Etats-Unis), Festival stromereien, Zurich (Suisse), Space18 – Bund18, Shanghai (Chine), Festival Body and Mind, Varsovie (Pologne), MSU Zagreb (Croatie), LaM, Villeneuve d’Ascq (France), Casino Luxembourg (Luxembourg), CAC Vilnius (Lituanie), Muzeum Sztuki, Lodz (Pologne), Tanzquartier, Vienne (Autriche), Arnolfini Arts Center, Bristol (Royaume Uni), La Kunsthalle, Mulhouse (France), MAC de Lyon (France), Museion, Bolzano (Italie), Palais de Tokyo, Paris (France), The Chocolate Factory, New York (USA), YAY! Gallery & au Museum Center, Bakou (Azerbaïdjan), Biennale Internationale Sinopale5, Sinop, (Turquie), MAXXI, Rome (Italie), 3ème Biennale Industrielle d’Art Contemporain de l’Oural, Ekaterinbourg (Russie), Museumcultuur Strombeek/Gent, Cultuurcentrum Strombeek (Belgique), National Gallery à Prague (République Tchèque), Centre Pompidou, Paris (France), Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris (France)

K​ARIM BEL KACEM

Fenêtre sur corps
Résumé

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Biographie

Karim Bel Kacem commence une formation de comédien au conservatoire d’art dramatique du VIe arrondissement de Paris. Après ces deux années de formation, il fait des stages auprès de metteurs en scène comme Peter Brook (Mesure pour Mesure) puis d’Ariane Mnouchkine. Il intègre la Manufacture (HETSR) en 2009 en jeu d’acteur. Il y met en scène Le Bouc de Fassbinder dans le cadre des projets d’été. Le spectacle sera reprit à l’Espace Saint-Martial au cours du festival d’Avignon 2010. Après un an et voulant bouleverser son rapport à la scène, Karim demande une équivalence à la HEAD (Haute école d’art et de design de Genève) tout en restant très attaché à la Manufacture. A Genève il étudie depuis deux ans l’installation d’espace et la sculpture avec Katharina Hohmann et Christian Gonzenbach et la performance avec Yann Duyvendak et Christophe Kihm. Entre Juin et Septembre 2012 il assiste Dora Garcia à Kassel dans le cadre de l’invitation de l’artiste pour la Documenta 2012. Entre septembre 2012 et juin 2013 il est acteur pour le metteur en scène hongrois Arpad Schilling sur la pièce Noéplanete créée au Théâtre National de Chaillot, puis assistant à la mise en scène sur Pro/vocation à Vidy (spectacle de sortie de la promotion F de la Manufacture). Il écrit et met en scène dans le cadre du Belluard Festival 2013 You will never walk alone, une conférence-performance autour des liens entre sport et politique. (repris à la Villa Arson de Nice, au BAT de Berlin et au Centre Culturel Suisse). Il conçoit la même année le projet Klérotérion, un projet participatif de loterie artistique pour le festival far à Nyon. En 2012, il amorce le projet « Pièces de chambre ». Cette série de pièces explore les zones d’interstices entre théâtre et cinéma. Les deux premiers volets (BLASTED et Gulliver) ont été créés et tournent à ce jour entre la Suisse et la France. Depuis avril 2014, il co-écrit et joue avec Milo Rau sur Civil Wars, créé au Kunstenfestivaldesarts à Brussels. Il est artiste-résident au Théâtre Saint-Gervais de Genève. Il cosigne en juin 2015, Cheerleader avec la chorégraphe Maud Blandel. En Janvier 2017 il créera au Theatre Vidy-Lausanne, Mesure pour Mesure.

AURÉLIEN BORY

L’espèce dans l’espace
Résumé
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Biographie

Aurélien Bory metteur en scène, directeur artistique de la compagnie 111. Aurélien Bory, né en 1972, est metteur en scène. Il fonde la compagnie 111 en 2000 à Toulouse. Il y développe un « théâtre physique », singulier et hybride, à la croisée de nombreuses disciplines (théâtre, cirque, danse, arts visuels, musique…). A l’automne 2015, la compagnie 111 s’installe au Théâtre de la Digue à Toulouse et y préfigure un lieu de création dédié aux arts de la scène. Les spectacles d’Aurélien Bory sont présentés dans le monde entier et cette reconnaissance internationale débute avec Plan B (2003) et Plus ou moins l’infini (2005), marqués par la collaboration avec le metteur en scène Phil Soltanoff. Ses plus récentes pièces sont Azimut (2013) créée au Grand Théâtre de Provence à Aix-en-Provence, Plexus (2012) créée au Théâtre Vidy à Lausanne, Géométrie de caoutchouc (2011) créée au GrandT à Nantes, et Sans objet (2009) créée au Théâtre national de Toulouse Midi-Pyrénées. En 2007, il créé en Chine Les sept planches de la ruse avec des artistes de l’Opéra de Dalian, spectacle dont la reprise a été réalisée à l’automne 2015 à Paris. Intéressé également par la danse et le croisement des écritures, il met en scène le chorégraphe Pierre Rigal dans Erection (2003) et Arrêts de jeu (2006). Il crée ensuite des portraits de femme, Questcequetudeviens? (2008) pour la danseuse de flamenco Stéphanie Fuster puis Plexus (2012) pour la danseuse japonaise KaoriIto. Pour Marseille-Provence 2013 – Capitale européenne de la culture, il créé Azimut, autour de l’acrobatie marocaine, neuf ans après avoir créé Taoub (2004), spectacle fondateur du Groupe acrobatique de Tanger. En 2014, Vincent Delerm lui confie la réalisation de la scénographie de son concert Les Amants parallèles, et, pour la Nuit Blanche à Paris, il crée l’installation – performance Sans objet. Installation qui a été réinventée pour l’exposition «Prosopopées : quand les objets prennent vie », présentée dans le cadre de Némo, Biennale internationale des arts numériques au Centquatre à l’automne 2015. Invité par Le Voyage à Nantes pour son édition estivale 2015, Aurélien Bory conçoit l’installation plastique Spectacula, dont la reprise se fera au TNT à Toulouse à l’automne 2016. Pour octobre 2015, le Théâtre du Capitole à Toulouse lui confie la mise en scène et la scénographie de deux opéras : Le Château de Barbe-Bleue de Béla Bartók et Le Prisonnier (Il Prigioniero) de Luigi Dallapiccola. En mars 2016 il imagine l’installationperformance Corps noir pour Stéphanie Fuster, dans le cadre d’une nocturne au Musée Picasso à Paris. A l’occasion de l’aménagement du boulevard Léon Bureau sur l’île de Nantes, Le Voyage à Nantes lui commande une installation, Traverses, qui sera inaugurée en juillet 2016. Il prépare actuellement son onzième spectacle, Espæce, inspiré de l’oeuvre de Georges Perec, dont la création aura lieu lors de la 70e édition du Festival d’Avignon en juillet 2016. Son intérêt pour les sciences influence son esthétique. Les oeuvres d’Aurélien Bory sont animées par la question de l’espace et s’appuient fortement sur la scénographie. Il ne conçoit son travail théâtral que « dans le renouvellement de la forme » et « en laissant de la place à l’imaginaire du spectateur ». Aurélien Bory reçoit en 2008 le prix CulturesFrance/Créateur sans frontières pour ses créations à l’étranger. Questcequetudeviens? a été nommé dans la catégorie « Meilleur spectacle de danse » aux Olivier Awards 2014 à Londres. Aurélien Bory a été récompensé pour Plexus du prix International Applause Joan German Schroeder de la FAD Sebastià Gasch de Barcelone. Depuis 2011, Aurélien Bory est artiste associé au Grand T à Nantes, et est artiste invité du TNT – Théâtre National de Toulouse Midi-Pyrénées depuis janvier 2014. Il est également artiste accompagné par le Théâtre de l’Archipel scène nationale de Perpignan à partir de septembre 2014.

JULIE BROCHEN

Entre les échelles. Intervention à deux voix
Résumé
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Biographie
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LILIANE CAMPOS

Vers une micropoétique de la scène : les jeux d’échelle du théâtre de Complicité
Résumé

Dans son nouveau spectacle The Encounter, la compagnie Complicite plonge le spectateur dans une évocation purement sonore de la jungle amazonienne, à l’aide d’un microphone binaural et de casques audio. Seul sur scène, le metteur en scène Simon McBurney crée entre les deux oreilles du spectateur un voyage spatial et temporel auprès du peuple Mayoruna. Cette communication présentera ce jeu microphonique comme une nouvelle phase de la micropoétique de Complicite, en soulignant l’importance des jeux d’échelle dans leur esthétique depuis les années 90, ainsi que son substrat neurologique. La coexistence d’échelles contradictoires sur scène sera présentée comme une recherche de connectivité, qui nourrit une construction organiciste de l’espace théâtral.

Biographie

Liliane Campos est maître de conférences en études anglophones et théâtrales à l’Université de Paris 3, et dirige le séminaire “Sciences et Littérature” de la Sorbonne Nouvelle avec Pierre-Louis Patoine. Ses recherches portent notamment sur la circulation des discours et des images scientifiques dans la littérature et le théâtre contemporain. Elle est l’auteure de Sciences en scène dans le théâtre britannique contemporain (PUR, 2012) The Dialogue of Art and Science in Tom Stoppard’s Arcadia (PUF, 2011), et a dirigé un numéro spécial d’Alternatives théâtrales intitulé “Côté Sciences” (2009). Ses articles sur Complicite ont paru dans New Theatre Quarterly, Etudes Britanniques Contemporaines et Interdisciplinary Science Reviews.

BASTIEN CANY

Le théâtre comme lieu de résistance face à l’artefactualisation du monde et du vivant
Résumé

Fruit de la collaboration entre le philosophe et psychanalyste Miguel Benasayag et la compagnie du Théâtre inutile (Amiens), le laboratoire Art et époque repose sur l’hypothèse que la question de la forme est sans doute la question centrale de notre époque. À savoir : la modernité et la postmodernité nous ont conduits vers un nominalisme radical selon lequel les seules choses qui existent sont des individus sans société, des particules élémentaires sans lien réel, des mécanismes du vivant sans vie… Pour ce réalisme naïf, ce qui existe ne sont que des composants agençables capables de former des agrégats qui fonctionnent, des artefacts. Face à la dispersion, le pari de ce laboratoire est que la compréhension en intériorité d’une époque (c’est-à-dire dans et pour les processus en eux-mêmes) se fait non par la connaissance intensive de chacune des dimensions de la société mais plutôt par ce mode d’accès transcendantal – au sens de non-médié – qu’est l’exploration des différentes formes dans lesquelles se manifestent les questions-socle de l’époque. Il ne s’agit donc pas d’un point de vue qui prétendrait inclure la « globalité » – ce qui ne serait que pure abstraction – mais un point de vue qui nous permet de comprendre localement des phénomènes globaux. Un point de vue physique, corporel, qui est un engagement tourné vers l’action et donc vers l’expérimentation. Une telle expérimentation peut se faire de manière scientifique, social mais aussi artistique dans la mesure où précisément le chercheur ou l’artiste sont traversés par ces dimensions existentielles profondes qui appartiennent au commun. Or, nous pensons que le théâtre représente un formidable terrain d’exploration des liens subtils structurant le vivant et la culture et qui sont aujourd’hui attaqués. Dans une époque qui glorifie la virtualisation, la scène théâtrale résiste encore comme lieu où on ne peut pas tricher avec le réel, lieu où pour les corps tout n’est pas possible. Le théâtre pose des limites comme conditions d’existence, des bornes entre lesquelles nous tentons d’explorer la croyance de notre époque dans la possibilité d’un monde désubstantialisé. Par résistance, il ne faut pas entendre une position qui serait simplement contre les nouveaux possibles de la digitalisation et de la technologie. Envisager le théâtre comme un lieu de contre-pouvoir signifie pour nous la possibilité de renouer avec une puissance d’agir, de créer, de produire de nouvelles formes organiques, un nouvel imaginaire capable d’exister en concurrence avec les « agrégats technicoscientifiques ».

Biographie

Journaliste, Bastien Cany intervient depuis plus de quinze ans dans divers magazines spécialisés, scientifiques et techniques. Il collabore avec le philosophe Miguel Benasayag et travaille avec lui, aux côtés de la compagnie du Théâtre inutile, sur les hypothèses théoriques et pratiques qui soutiennent le projet du laboratoire Art et époque.Journaliste, Bastien Cany intervient depuis plus de quinze ans dans divers magazines spécialisés, scientifiques et techniques. Il collabore avec le philosophe Miguel Benasayag et travaille avec lui, aux côtés de la compagnie du Théâtre inutile, sur les hypothèses théoriques et pratiques qui soutiennent le projet du laboratoire Art et époque.

ALINE CÉSAR

Vertiges de l’image dans Au bord de Claudine Galea
Résumé

Dans Au bord Claudine Galea part d’une photographie tristement célèbre publiée dans le Washington Post du 21 mai 2004, puis reprise par Le Monde qui montrait une soldate américaine tenant en laisse un prisonnier arabe nu dans la prison d’Abu Ghraib. Fortement interpelée par cette image, elle la punaise sur son mur face à la table d’écriture. Peu à peu face à l’image réelle surgissent des images intérieures : à l’image de la soldate se superposent l’image de la femme aimée puis l’image de la mère, autant de liens, autant de « laisses », et de schémas d’humiliation.Au bord procède à un changement d’échelle spatiale. Dans la saisie de l’image par l’écriture d’abord, la photographie vue dans la presse devient paysage, dans un rapport quasi cinématographique, ou disproportionnée comme une image de cauchemar, ou au contraire minuscule, comme enfouie dans les replis de l’intime. L’image tantôt se rapproche et tantôt s’éloigne, dans une constante dialectique du proche et du lointain, de l’intérieur et de l’extérieur. Au plateau aussi la présence de l’image, décomposée-recomposée sous nos yeux confronte l’échelle du corps de l’image à celle de l’interprète et renvoie le spectateur à son propre corps. Le changement d’échelle redouble l’obscénité et la transgression de l’image.Mais il s’agit avant tout d’un changement d’échelle temporelle. D’une part, la superposition des images met du trouble dans les temporalités en juxtaposant le passé, ancien, récent et le présent de l’énonciation. D’autre part, face au flux des images qui passent dans les médias, Claudine Galea impose une fixité, elle inscrit l’image éphémère dans la durée, l’immobilise pour y revenir inlassablement. Comme aime à le rappeler Georges Didi-Huberman, face à l’image nous ne sommes pas seulement face à de l’espace mais aussi face à du temps. Elle inscrit dans l’image une temporalité et ce faisant la constitue en récit. Elle renoue ainsi avec la dimension auratique de l’image réelle, au sens de Walter Benjamin, dont la médiatisation l’avait privée. Elle sort l’image de son statut d’image d’actualité, d’image obscène pour en faire une image pour la scène.La dramaturgie de l’image réelle dans Au bord produit une perte des repères spatiaux et surtout temporels : « C’est un vertige. J’écris pour ne pas tomber. » (Au bord, p.18) dit-elle à propos du rapport paradoxal de l’image et de la réalité. De quoi procède ce vertige ? Comment opère-t-il ? On pourra s’en référer ici aux trois sens de « vertige » donnés dans le Robert : une impression de mouvement et un trouble de l’équilibre, une peur de tomber dans le vide, un égarement. Quelle est la fonction enfin de ce vertige de l’image ? En quoi autorise-t-il une médiation et une nécessaire catharsis pour le spectateur ?

Biographie

Autrice, metteuse en scène et chargée de cours à l’Institut d’Etudes Théâtrales de l’Université Paris 3, Aline César a continué parallèlement la recherche universitaire sous la direction de Josette Féral en s’intéressant en particulier au rapport entre réel et fiction.Avec la Compagnie Asphalte qu’elle a fondée en 2004, elle développe un répertoire résolument contemporain tourné vers des projets inédits et des adaptations. Ses spectacles s’inscrivent dans une esthétique plurielle, et sa recherche au plateau porte sur la relation entre le mot, le corps et la musique. Mais sa singularité tient surtout à l’expression musicale. Elle développe depuis plusieurs années un projet au long cours sur des questions d’inégalités et un cycle autour de la figure historique d’Aphra Behn. Parallèlement elle se produit dans un solo de poèmes et de chansons, Dérive, joué pour la seconde année consécutive au festival d’Avignon.

MARIE CHOUINARD

De l’orgasme cérébral à la MX
Résumé

De l’ASMR (Autonomous sensory meridian response), que certains appellent orgasme cérébral, à la MX (Mixed reality) : passage des techniques intuitives ancestrales aux jeux numériques.

Biographie

En 1978, la chorégraphe montréalaise Marie Chouinard présente sa première création, Cristallisation, qui la consacre aussitôt comme une artiste singulière. Suivra une trentaine de solos présentés sur la scène internationale. En 1990, la soliste et chorégraphe fonde sa propre compagnie. Dès lors, la COMPAGNIE MARIE CHOUINARD présente ses spectacles à travers le monde et coproduit ses œuvres avec différents partenaires tels que la Biennale de Venise, le Festival international de danse ImPulsTanz (Vienne), le Théâtre de la Ville (Paris), la Fondazione Musica Per Roma (Rome), le Festival TransAmériques (Montréal), la Place des Arts (Montréal) et le Centre National des Arts (Ottawa). Auteure, conceptrice d’éclairage, photographe, scénographe et réalisatrice, l’opus de Marie Chouinard compte également des installations, des performances, des œuvres multimédias et cinématographiques, des expositions, des livres et une application pour iPad et iPhone. Véritable ambassadrice culturelle, Marie Chouinard reçoit de nombreux prix et honneurs internationaux soulignant sa contribution au monde des arts, dont l’Ordre du Canada (2007), le Grand Prix du Conseil des arts de Montréal (2006), l’Ordre des Arts et des Lettres (France, 2009), le prix Denise-Pelletier (Québec, 2010), le Prix culturel Samuel de Champlain (France, 2014), l’Ordre national des arts et des lettres du Québec (2015), l’Ordre national du Québec (2015) et le Prix du Gouverneur général pour les arts du spectacle de la réalisation artistique (Canada, 2016). Le nom de Marie Chouinard a fait son entrée dans Le Petit Larousse illustré en 2010 et dans Le Robert en 2011.

CAMILLE COURIER DE MÉRÉ

Peinture scénographique et changements d’échelle, l’apport du corps.
Résumé

En étudiant les changements d’échelle propres au mode opératoire de la peinture scénographique, le corps du peintre prend un relief saisissant. Cette communication interroge l’interprétation qui s’opère entre les mains et les corps des peintres, lors de cette expérience de création collective. Quels ordres de grandeur entrent en relation durant la transition entre maquette et toile peinte dont le format est adapté à un plateau donné, souvent d’échelle monumentale? L’analyse de plusieurs oeuvres scéniques créées ou en en cours de création, ainsi que les entretiens avec les artistes, fondent et illustrent cette réflexion.

Biographie

Après des études de sculpture et de peinture à l’ENSBA de Paris, elle réalise des toiles peintes pour les ateliers de décors de l’Opéra (Bastille et Garnier). De nombreuses collaborations avec des plasticiens, des compagnies de théâtre et de danse s’ensuivent. Après un Master 2 en Art Contemporain et Nouveaux Médias à l’Université Paris 8, elle mène actuellement une recherche-création (doctorat à l’UQAM, Montréal, sous la co-direction de Mme Josette Féral et de Mme Gisèle Trudel) sur le geste de dessiner sur la scène du spectacle vivant. Elle est membre du laboratoire Hexagram, et chargée du cours « Théâtre et Langages Visuels » à l’école Supérieure de Théâtre de l’UQAM en 2016.

GINETTE DANSEREAU

Scènes en tournée: les contraintes du plateau
Résumé
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Biographie

Formation en technique de spectacle et production à l’Ecole nationale de Théâtre du canada, à Montréal. Puis j’ai émigré en 1981 en France, pour travailler comme assistante à la mise en scène pendant 15 ans dans le domaine de l’opéra. Puis retour à la régie générale en arrivant en 1996 à la Grande Halle de la Villette. Entre temps 14 ans de Festival d’Avignon toujours comme régisseur dans divers lieux du Festival In, puis aussi un court passage au festival d’Aix en Provence comme régisseur de production à Aix et en tournée européenne. Quelques mises en scène à l’opéra d’Edmonton et de Calgary.

MARTIN FAUCHER

​Les jeunes générations de créateurs québécois et les espaces imaginaires de l’austérité
Résumé
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Biographie

Ayant complété en 1982 sa formation de comédien au Cégep de St-Hyacinthe, Martin Faucher signe sa première mise en scène en 1988 avec son collage de l’œuvre de Réjean Ducharme, À quelle heure on meurt? Il signe depuis plus de quarante mises en scène d’œuvres issues tant du répertoire classique que du répertoire contemporain dont les textes de Sarah Berthiaume, Carole Fréchette, Emmanuelle Jimenez, Jasmine Dubé, Lise Vaillancourt, Rebekka Kricheldorf, Elfriede Jelinek et Sarah Ruhl. S’intéressant au langage du corps et à la danse contemporaine, Martin Faucher a dansé pour les chorégraphes Daniel Léveillé, Harold Réhaume et Catherine Tardif. Fortement impliqué dans sa communauté, Martin Faucher a siégé au sein de plusieurs organismes québécois dont le Conseil québécois du théâtre qu’il a présidé de 2005 à 2009. Conseiller artistique au Festival TransAmériques à compter de 2006, Martin Faucher en est le directeur artistique et codirecteur général depuis 2014.

SHINTARO FUJII

Catastrophe et changement d’échelle
Résumé

La triple « catastrophe » du 11 mars 2011 au Japon (séisme, tsunami et Fukushima) a bien effectué de multiples « renversements » (sens étymologique de « catastrophe », synonyme de péripétie): passage de l’état heureux à l’état malheureux chez de nombreuses personnes (renversement tragique), entraînant avec elle la « reconnaissance » ou passage de l’ignorance à la connaissance (sens dramaturgique aristotélicien). La notion partage donc bien des liens avec le théâtre. La catastrophe du 11 mars nous a aussi imposé des échelles du monde que l’on ignorait totalement jusque-là, celle de becquerel et sievert, par exemple, unités qui servent à mesurer la quantité ou l’intensité de la radiation ; la matière radioactive a, par ailleurs, une vie d’une autre échelle que la nôtre : la demi-vie du plutonium 239 est de 24.000 ans… En même temps que d’altérer beaucoup le territoire, elle nous oblige de voir le monde autrement. Voir et faire voir le monde devenu autre semble être l’un des enjeux de l’œuvre photographique de Carlos Ayesta et de Guillaume Bression. Celle-ci use des effets d’une mise en situation théâtrale, et rend compte de l’irréalité de cette réalité dans la zone d’exclusion nucléaire.

Biographie

Shintaro FUJII est professeur en études théâtrales à l’université Waseda, Tokyo. Il travaille sur les spectacles vivants contemporains d’Europe, d’Amérique du Nord (surtout francophones) et du Japon. Il s’intéresse à la singularité des œuvres et à leur méthode de création ainsi qu’à la politique culturelle qui soutient la création contemporaine. Il aime aussi la traduction (de pièces de théâtre et de textes théoriques).

Flore Garcin-Marrou

Trois propositions pour un théâtre atomique
Résumé

Cette communication se veut entièrement prospective, c’est-à-dire qu’elle ne vise pas à décrire un état du théâtre qui existe déjà, mais formule trois propositions pour un théâtre atomique à venir, à expérimenter : un théâtre de matière dont les précipités, les accélérations, les clinamens, le gaz et les liquides seraient les principaux ingrédients dramaturgiques.

Biographie

Flore Garcin-Marrou est Maître de conférences en études théâtrales à l’Université Toulouse Jean Jaurès, membre du laboratoire LLA CREATIS et associée au laboratoire de recherche sur la performance du CNRS/Paris 1. Ses travaux portent essentiellement sur la « pensée-théâtre », le lien entre théâtre et philosophies françaises contemporaines. Actuellement, elle travaille sur les modalités d’un théâtre écologique, voire même écosophique.

ROLAND HUESCA

Danser à fleur de peau ou autour de la terre… Points de vue et jeux d’échelles
Résumé

Dans Pezzo O (due) Maria Donata d’Urso apparaît nue sous de savants éclairages. Nous sommes en 2002. Désormais, plus d’espace scénique à conquérir, seules, la peau et ses surfaces donnent vie à la danse. Exit les scènes traditionnelles, le corps seul impose la poésie de ses espaces. Lovées au creux d cela chair, l’ouvre se place aux antipodes de l’aventure proposée par Anna Halprin dans Planetary Dance en 1987. En un tournemain, la danseuse s’était placée aux avant-gardes de son art en proposant une danse autour de la terre. Rien de moins ! Ici et là, au coeur de ces « espèces d’espaces» ces artistes varient les échelles du grand et du petit et, d’un même geste, renouvellent les usages de leur art. Imposant de nouveaux corps et de nouveaux imaginaires, leurs oeuvres posent et imposent de nouveaux regards sur le corps dansant. Elles ne sont pas les seules. À partir d’une analytique des oeuvres et de leurs réceptions, nous analyserons les dispositifs sociohistoriques qui organisent et donnent sens à ces moments de l’art si singuliers.

Biographie

Roland Huesca est professeur d’esthétique au département Arts de l’Université de Lorraine (site de Metz). Il dirige la collection « La vie des oeuvres !/?» aux éditions Jean-Michel Place. Derniers ouvrages parus, Danse, art et modernité, au mépris des usages, Paris, PUF, 2012 ; La danse des orifices, étude sur la nudité, Paris, Nouvelles éditions Jean-Michel Place, 2015.

JESSIE MILL

Les jeunes générations de créateurs québécois et les espaces imaginaires de l’austérité
Résumé
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Biographie

Jessie Mill est conseillère artistique au Festival TransAmériques depuis mai 2014. Critique et dramaturge, elle accompagne des créations en théâtre et en danse, enseigne à l’occasion et réalise plusieurs entretiens avec des créateurs. Membre du comité de rédaction de Liberté, elle écrit régulièrement autour des spectacles. Elle a auparavant occupé le poste de conseillère aux projets internationaux au Centre des auteurs dramatiques. Dans ce cadre, elle a notamment initié des collaborations artistiques avec des pays francophones d’Afrique dont le Burkina Faso et la République démocratique du Congo.

PIERRE PARLANT

Monde sans échelle, toujours déjà
Résumé

Pour être consistant et se réclamer du réel, le monde, tel qu’il nous est donné, ne peut pas ne pas se soutenir d’une unité. En d’autres termes, et pour paraphraser Leibniz, qu’existe un monde suppose qu’il y ait un monde.La pluralité des modèles théoriques s’imposant, l’unification s’avérant aussitôt improbable, tout porte à croire qu’une telle consistance est devenue précaire, voire perdue. Un peu comme si nous n’avions à présent plus affaire qu’à un monde sans ordre perceptible, sauf à être distribué en séries concurrentes, enchâssées ou disjointes. Comme si le monde, privé d’échelle référentielle, avait peu à peu basculé du côté de la désunion, nom tacite d’un chaos localement bien réglé.Mon hypothèse est tout autre. L’histoire des œuvres en livrant maintes preuves, il me semble que ce qui nous apparaît désormais n’a pas cessé d’être là. De toujours en effet, virtuellement ou pas, les échelles furent multiples, et les mondes pas moins. Le supposé défaut d’aujourd’hui, lequel nous rend perplexes, n’est en réalité que le rappel de cette vérité que les artistes, notamment, n’ont jamais perdue de vue. Trois conséquences ici, qui sont aussi trois moyens d’orienter le désir et le travail de création. Nous incombe d’abord de savoir nous souvenir, au plus près de son legs, de ce « toujours déjà ». Nous revient ensuite d’actualiser, sous le rapport de la nouveauté plus que de l’adaptation, la teneur singulière de ces mondes hétérogènes. Nous est également nécessaire d’inventer, fût-ce au titre provisoire d’une expérience de pensée, des modes d’accès, de séjour et de franchissement que la langue valide. Trois façons, en somme, non pas de « refaire le monde », mais avec soin de le défaire — perception dégrisée — afin de re-composer son devenir multiple. Trois façons surtout de congédier la passion triste de la finitude et de louer la contingence comme lot nécessaire.

Biographie

Écrivain, poète, agrégé de philosophie. A fondé et dirigé la revue de littérature et de philosophie Hiems de 1997 à 2003 (11 livraisons). Lauréat de la Mission Stendhal en 2010 (séjour au Nouveau-Mexique et en Arizona, sur les traces d’Aby Warburg en pays Hopi). A bénéficié d’une résidence d’écriture de six semaines à Beyrouth (avril-mai 2015) à l’invitation du Centre international de poésie de Marseille et de la Maison internationale des écrivains du Liban. Publications : Les transports de surface, Éditions de l’Attente, 2001 ; Au beau milieu, Éditions l’Atelier de l’Agneau, 2002 ; Modèle habitacle, Éditions Le Bleu du Ciel, 2003 ; “Prenez le temps d’aller vite”, Éditions de L’Attente/ Contrepied, 2004 ; Pas de deux, Éditions M. F., 2005 ; Précis de nos marqueurs mobiles, Éditions de l’Attente, 2006 ; Le rapport signal-bruit, Éditions Le Bleu du ciel, 2006 ; Devenirs du roman, (contribution), Naïve éditions, 2007 ; Mardi, j’ai commandé une ombre, Éditions Fidel Anthelme, 2008 ; Nouveaux essais sur l’entendement humain de Leibniz, présentation et commentaire, Gallimard, collection Folio-plus Philosophie, 2008 ; Cinéma et nouvelle psychologie de Maurice Merleau-Ponty, présentation et commentaire, Gallimard, collection Folio-plus Philosophie, 2009, Régime de Jacopo, Éditions Contre-Pied, 2009 ; Les courtes habitudes, Éditions NOUS, 2014; Exposer l’inobservable, Éditions Contre-pied, 2014 ; Ciel déposé, Éditions Fidel Anthelme, 2015 ; Qarantina, Éditions du CipM, Un refuge en Méditerranée, 2016 À paraître : Ma durée Pontormo, Éditions NOUS, 2016 Qarantina, traduction en arabe, Editions Snoubar, Beyrouth, 2016 Œuvre en cours de production : mor(a)mor, drame musical, d’après le mythe de Pyrame et Thisbé (Métamorphoses, Ovide) en collaboration avec le compositeur Jean-Michel Bossini

CÉCILE PROUST

Lieues Dites
Résumé

Cécile Proust présentera Ethnoscape et Lieues Dites. Ethnoscape est une chorégraphie documentaire sur les déplacements et les migrations humaines. Ces déplacements humains créent une caractéristique essentielle du monde qui semble affecter la politique des nations et celles qu’elles mènent les unes vis-à -vis des autres. Lieues Dites est une série de vidéos que Cécile Proust réalise avec Jacques Hœpffner. Pour Lieues Dites une personne traverse physiquement un espace tout en convoquant, par l’imaginaire et le sensible, un autre lieu qu’elle fait s’entrechoquer avec celui arpenté.

Biographie

Cécile Proust est artiste, titulaire du master Art et Politique fondé par Bruno Latour à SciencesPo Paris, elle est artiste associée à l’équipe EsPAS-Institut ACTE-Université Paris-I Sorbonne/CNRS .Cécile Proust dirige femmeuses. Ce projet artistique et anthropologique interroge la construction des corps et des danses, la fabrique des genres et des rôles sexués. 33 femmeusesactions ont vu le jour, elles prennent de multiples formes : spectacles, vidéos, installations, commissariat d’expositions et sont présentées internationalement. Des artistes et chercheur.euse.s de différents champs collaborent à femmeuses. Depuis deux ans Cécile Proust mobilise les outils artistiques pour mener une réflexion sur les migrations humaines et leurs contributions à la richesse mondiale et signe Ethnoscape.Elle a dansé avec Odile Duboc, Alain Buffard, Dominique Brun, Daniel Larrieu, Thierry Thieu Niang, Bob Wilson, le quatuor Albrecht Knust.En parallèle, elle a voyagé pour rencontrer et pratiquer des danses comme le flamenco en Espagne et la danse moyenne orientale en Egypte. Lauréate de la bourse Romain Rolland et du programme de la villa Kujoyama, Cécile Proust fait plusieurs séjours en Inde et au Japon. Elle y pratique le Kathak à Delhi et le Jiuta Maï à Kyoto.

LIDYE TORAN

La Planète des singes, (not) Happening.
Résumé

Ce projet mis en place par l’ESAA est né devant la maison natale de Pierre Boule, 25 rue des Etudes à Avignon – dans un cadre fortement localisé. Sa mise en place vise en revanche une délocalisation des comportements, et de la dimension spatio-temporelle : de l’espace urbain de la ville du Festival à l’espace cosmique de la planète Soror, les actions du roman se déploient ici sous le mode du happening. Ainsi, les changements d’échelle vont de la forme littéraire à la forme performée. Ils exploitent notamment les situations et les relations de type néo mimétiques entre les hommes et les animaux. Face aux transformations artistiques et esthétiques appelées par cette création collective nourrie de lecture individuelle, un champ utopique du devenir des espèces est interrogé en parallèle au devenir du spectacle vivant.

Biographie

Depuis 20 ans Lydie Toran enseigne plusieurs disciplines – Anglais, Français, Encre de Chine, Performance et Théâtre – en France et à l’étranger auprès de divers publics, universitaires, adultes, étudiants d’Ecole d’Art. Enseignante chercheuse à l’Ecole Supérieure d’Art d’Avignon en spécialité performance, auteure de poèmes, et d’articles sur les oeuvres de Ghelderode et de Jan Fabre, ses conférences portent en général sur les productions des deux artistes flamands, ayant fait l’objet de son double doctorat à l’université d’Anvers et à l’Université d’Avignon. (Lydie Toran, Double Ph.d Thesis title : Théâtralité de la mort chez Michel de Ghlederode et Jan Fabre Home address : 10 rue Galante – 84000 Avignon Cell phone : 06 88 32 71 75 lydietoran@gmail.com)

THOMAS VERSTRAETEN

[détails à venir]